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L'AVENIR DU VIETNAM EN ASIE PACIFIQUE  

 

I-Introduction

Il y a cent ans, John Hay, Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, dans un discours prononcé lors de la conférence sur la coopération mondiale à la fin du 19ème siècle avait déclaré : la Méditerranée est l’océan du passé, l’Atlantique est l’océan du présent, le Pacifique sera l’océan du futur. Exactement comme l’avait prédit John Hay, durant le 20ème siècle, le centre de gravité du commerce mondial s’est déplacé de la Méditerranée vers l’Atlantique. L’humanité peut témoigner de la prospérité des pays européens. Aujourd’hui, ce centre est en train de se déplacer vers l’Océan Pacifique, avec en particulier un foisonnement d’activités dans la zone Asie-Pacifique où les nations concourent au développement à un rythme jamais vu jusqu’à présent.  

Dans la zone Asie-Pacifique se trouvent deux des huit grandes puissances mondiales. C’est là que sont nés les quatre dragons (Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong et Singapour) ainsi que les quatre tigres asiatiques en plein développement  économique (Thaïlande, Malaisie, Indonésie et Philippines). Le décollage des quatre premiers pays a surtout commencé après la 2nde guerre mondiale, certains parlent même de miracle économique. Ce miracle, peut être expliqué à travers trois facteurs primaires dans la théorie économique que ces pays ont su parfaitement utiliser. Ces facteurs sont le travail, le capital et la technologie. A partir de ce modèle primaire, des dizaines de modèles de développement économique ont été élaborés en se basant sur l’accumulation du capital, l’augmentation de l’épargne de masse, et l’ouverture à l’international afin de favoriser les avancées technologiques.  

Outre ces trois facteurs essentiels selon la théorie économique, les pouvoirs politiques ont également contribué au miracle en maintenant une certaine stabilité sociale et en adoptant des mesures d’accompagnement efficaces pour le décollage de leur pays. Tout ceci a non seulement contribué à changer radicalement la vie de la population mais aussi à remodeler dans le bon sens l’équilibre des forces économiques au niveau mondial. A partir d’une situation d’extrême pauvreté de l’après-guerre jusqu’aux années fastes de la fin du 20ème siècle, l’Asie-Pacifique contribue maintenant pour un quart de la production mondiale. Ce chiffre atteindra les 50% à l’horizon 2030. Les réserves de changes de l’Indonésie, la Chine, la Corée du Sud, Taiwan, l’Inde, la Malaisie, Hong Kong et Singapour avoisinent les 500 milliards de dollars, soit environ 40% des réserves de changes mondiales. Non seulement l’Asie-Pacifique produit davantage que par le passé, la zone est également un gigantesque marché de consommation qui attire les investissements internationaux à la recherche d’une bonne rentabilité. En 2000, la population en Asie atteint 3,96 milliards d’habitants, soit 68,4% de la population mondiale. Si l’on ne considère que les habitants de la région Asie-Pacifique, ce chiffre s’élève tout de même à 2,5 milliards, soit 43,8% de la population mondiale. Sur les dix pays dont la population excède les 100 millions d’habitants, six se trouvent en Asie. Environ un tiers de cette population vit correctement et 400 millions d’entre eux ont un niveau de vie comparable à celui de l’Occident.  

Avec de telles capacités de production et de consommation, c’est tout naturellement que l’Asie-Pacifique est devenue une des locomotives de la croissance mondiale, entraînant les pays déjà industrialisés, dont les économies sont en cours de transformation vers des secteurs de hautes technologies et du savoir. Dans la zone Asie-Pacifique, ce sont les régions Sud-Est et Nord-Est qui connaissent le plus fort taux de croissance. Selon les prévisions de la Banque Mondiale, s’il n’y a pas de crise économique subite, en 2020, l’Asie-Pacifique comptera sept pays parmi les quinze plus grandes économies de la planète, à savoir la Chine, le Japon, l’Inde, l’Indonésie, la Corée du Sud, la Thaïlande et Taiwan. Parmi ces pays, la Chine et l’Inde seront au 1er rang dans de nombreux secteurs en Asie.  

 

II-Les problèmes de la zone Asie-Pacifique  

A cause des spécificités géographiques, historiques et de l’hétérogénéité dans le niveau de développement économique, social et politique, la zone Asie-Pacifique concentre plusieurs problèmes épineux et contradictions exacerbés par les luttes d’influence des grandes puissances mondiales. De plus, il n’y a pas en Asie-Pacifique d’organisme transnational qui pourrait résoudre les conflits d’intérêts ou les instabilités politiques comme en Europe ou en Amérique du Nord. Les luttes pour le contrôle des archipels en Mer de Chine entre les différents pays de la région depuis plusieurs décennies et sans perspective de résolution à court terme sont un exemple flagrant. L’Organisation pour la Coopération en Asie-Pacifique (APEC en anglais) est un organisme encore en gestation et n’a que des pouvoirs très limités et centrés seulement sur les questions commerciales. L’Association des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN en anglais) regroupe des pays avec de fortes différences politiques, sociales, et culturelles. Les pays de l’ASEAN sont même parfois en concurrence pour préserver ou gagner des parts de marché dans la région.  

Par ailleurs, les pays comme la Corée du Sud, la Chine et Taiwan chercheront toujours à prendre leurs distances avec le Japon qui les a colonisés dans le passé. Dans ce contexte, l’émergence de la Chine comme grande puissance exacerbera la concurrence avec des conséquences sur la stabilité de la région. La Chine est déjà en concurrence avec l’ASEAN au niveau commercial et dans la course pour attirer les investissements directs étrangers. De plus, la Chine prend des mesures qui ne sont pas destinées à stabiliser la zone en augmentant fortement son budget militaire, en menaçant Taiwan, en se disputant avec le Viet Nam, la Malaisie et les Philippines pour le contrôle des zones de pêche et d’exploitation économique en Mer de Chine. La Corée du Nord s’est montrée conciliante sur son programme nucléaire depuis avril 2003 lorsque les troupes de la coalition sont entrées dans Bagdad en acceptant des négociations à six (Etats-Unis, Chine, Japon, Russie et les deux Corée). Mais la situation n’est pas réglée pour autant et promet encore d’être tendue dans l’avenir.  

A côté des points négatifs au niveau stratégique, la crise monétaire de juillet 1997 a aussi apporté son lot de leçons à retenir sur les politiques de développement des pays d’Asie.  

Premièrement, dans leur processus d’industrialisation, les pays de la zone Asie-Pacifique n’ont pas assez  mobilisé les capitaux dans leurs pays respectifs mais se sont trop reposés sur les capitaux internationaux. Sur ce point, entre les années 60 et 90, les capitaux japonais, américains et ceux de quelques pays d’Europe se sont largement déversés en Corée, Taiwan, Thaïlande, Indonésie et Singapour. Cet apport d’argent a considérablement aidé au décollage économique de ces pays. Mais la situation a commencé à changer à partir du milieu des années 90, due à la progression de l’économie de l’information dans les pays exportateurs de capitaux et à la maturité des zones de libre-échange comme l’UE, NAFTA. Il était souvent plus rentable d’investir dans certains secteurs dans les pays développés que dans les économies en transition en Asie-Pacifique. Les investisseurs américains, allemands et japonais ont donc arbitré à la recherche du meilleur rendement pour leurs capitaux. Lorsque le flux de capitaux étrangers s’est tari sans que les capitaux domestiques n’aient pu prendre le relais, presque toutes les économiques d’Asie-Pacifique sont tombées dans la crise et se sont trouvées en récession.  

Concernant les marchés de consommation, les pays de la zone Asie-Pacifique sont en concurrence frontale. Les nouveaux candidats à l’industrialisation comme la Thaïlande, l’Indonésie ou la Malaisie ne peuvent concurrencer les industries coréennes ou japonaises déjà bien avancées technologiquement. Ces pays ne peuvent pas non plus concurrencer l’Inde ou la Chine dans les secteurs à forte main-d’œuvre. Face à ces difficultés, les pays émergents doivent résoudre les nombreuses problématiques engendrées par la globalisation et la régionalisation de l’économie mondiale. De plus, comme une grande partie des capitaux étrangers a servi à moderniser les infrastructures, notamment le secteur de l’hôtellerie pour attirer les touristes, lorsque cette source de financement s’est tarie, des pans entiers de l’économie sont tombés en crise.  

Deuxièmement, dans la plupart des pays de la zone Asie-Pacifique, les pouvoirs publics sont trop fortement impliqués dans l’économie. Cette situation génère deux catégories de fonctionnaires : ceux qui travaillent pour les administrations publiques, et ceux qui travaillent pour les entreprises d’Etat. Au début, lorsqu’un pays est dans un état de grande pauvreté, il est facile d’appeler à l’effort collectif pour développer la nation. Mais lorsque les bénéfices des entreprises commencent à augmenter et que les pouvoirs publics ont affermi leur autorité dans la politique économique du pays, alors la corruption et les pots de vins commencent également à se développer à tous les échelons, dans tous les secteurs. Beaucoup de ressources naturelles du pays et de capitaux étrangers sont mal employés ou pire, détournés au profit de certaines sociétés ou personnes. C’est le plus gros point noir mis à jour lors de la crise monétaire de 1997 et les pays de la zone n’ont toujours pas trouvé de solution pour le résoudre efficacement, bien qu’ils subissent une très forte pression de la part de la communauté internationale dans ce sens.  

Par ailleurs, après plusieurs années de croissance, une classe moyenne a émergé dans ces pays dont le niveau de vie n’a rien à envier à celui des Occidentaux. Ces classes moyennes possèdent des compétences, de bonnes capacités à rentabiliser leurs capitaux, des relations avec l’international. Elles contribuent activement à augmenter le secteur des services dans leurs nations et sont en train de devenir une force politique non négligeable. Ce sont ces classes moyennes qui ont influencé positivement la vie politique dans plusieurs pays de la région, apportant davantage de démocratie, d’ouverture, et gommant peu à peu les barrières passéistes de la société. Bien entendu, ces changements ne se sont pas toujours déroulés dans le calme. Dans certains pays, il a fallu plusieurs mouvements sociaux comme les grèves, les manifestations pour faire avancer les aspirations populaires face au conservatisme du patronat ou du gouvernement au pouvoir.  

Troisièmement, en dehors du Japon, de la Corée du Sud et de Taiwan, les autres pays n’ont pas beaucoup investi dans les Recherches & Développement (R&D) pour moderniser leurs économies. Certains pays ne s’en préoccupent même pas. Le résultat est que la plupart des industries de la région ne demandent pas un haut niveau technologique. Elles se contentent d’assembler des pièces fabriquées dans les pays développés. Par ailleurs, certains pays se sont lancés dans des industries boudées par les pays riches car elles produisent des effets néfastes pour l’environnement.  

Parce qu’elles cherchent à obtenir de bons taux de croissance, beaucoup de nations en Asie-Pacifique se sont mises à importer de nombreuses industries en provenance du reste du monde sans se soucier de faire le tri pour évaluer leurs conséquences à long terme. C’est aussi pour cela que le niveau technologique des industries de la région reste très faible en comparaison avec les pays avancés. Néanmoins, si les pays de la zone Asie-Pacifique reconsidèrent leurs positions vis-à-vis de la R&D, alors de meilleures perspectives s’ouvriront à eux.  

En résumé, bien que le développement de certains pays dans la région présente des côtés négatifs, on ne peut nier le caractère pérenne de la croissance. Il y a même des points positifs comme la résolution de la question démographique en un temps record pour certains pays. Grâce à cet élan, il y a beaucoup d’espoir pour que l’Asie-Pacifique soit un terrain privilégié pour le progrès et le développement durant les deux premières décennies du 21ème siècle. Dans ce contexte, quelle sera la position du Viet Nam ? Quelles sont ses capacités de perdurer face aux tendances de globalisation et de régionalisation observées actuellement ? 

 

III- La position du Viet Nam dans l’Asie-Pacifique  

Le Viet Nam se trouve au sud des pays qui sont déjà ou en cours d’industrialisation comme le Japon, la Corée du Sud, Taiwan ou bien la Chine. Mais il se situe aussi au nord des pays qui sont en forte croissance en Asie du Sud-Est. De plus, les contours du Viet Nam épousent la Mer de Chine, offrant un débouché sur les zones maritimes Nord-Est et Sud-Est de l’Asie-Pacifique. C’est pour ces raisons que des investissements bien pensés conjugués à l’acquisition des technologies étrangères peuvent faire évoluer positivement l’économie et la société vietnamiennes.  

Le Viet Nam est également frontalier de la Chine, une grande puissance qui a toujours cherché à s’étendre vers le sud, faisant subir au Viet Nam maints drames à chaque fois qu’il y a eu modification dans la situation géopolitique. A cause de cette position stratégique, le Viet Nam est toujours obligé de jongler entre ses aspirations propres et les incertitudes géopolitiques de la région. Il suffit de regarder la conjoncture depuis les années 40 jusqu’à nos jours pour se rendre compte que le nouvel ordre mondial de l’après 2nde guerre mondiale a transformé ce pays en un champ de bataille entre les idéologies dominantes alors que dans le même temps, les autres nations se sont développées sans heurts.  

En 1975, après la fin de la guerre, le Viet Nam avait de bonnes perspectives de développement au sein d’un nouvel ordre régional apaisé. Cependant, les erreurs politiques du Parti Communiste Vietnamien (PCV) ont obligé le peuple à subir un nouveau drame, découlant des tensions entre les frères ennemis : l’URSS et la Chine Populaire. L’actuel secrétaire général du PCV, dans un discours à l’occasion du 75ème anniversaire de la création du Parti, a lui-même admis que les dirigeants communistes ont commis des erreurs dans la 1ère décennie après la fin de la guerre. A cause de ces erreurs, tandis que les pays du Sud-Est Asiatique se sont développés à une grande vitesse, le Viet Nam a été mis au ban de la communauté internationale et a dû subir un embargo durant près de deux décennies. Ces erreurs sont la conséquence directe de l’utopie de construire le communisme dans la péninsule indochinoise. A partir de 1995, le PCV s’aperçoit qu’il faut amener le Viet Nam sur le chemin de l’intégration. Les politiques d’ouverture et de changement (đổi mới) ont certes apporté des améliorations, mais elles restent encore superficielles et insuffisantes. Et bien que le Viet Nam possède des relations diplomatiques avec 180 pays dans le monde, qu’il ait adhéré à l’ASEAN, à l’APEC, qu’il ait signé des accords commerciaux avec l’Union Européenne et les Etats-Unis, il n’est toujours pas considéré comme un partenaire de poids. Afin de comprendre les raisons de ce handicap et en même temps connaître les aspirations du pays sur son avenir, nous devons analyser les points forts et les points faibles du Viet Nam d’aujourd’hui.

 

Les avantages du Viet Nam   

1. Le Viet Nam est considéré comme un pivot en Mer de Chine, lieu de passage pour de nombreuses liaisons maritimes et aériennes, à mi-chemin entre le Nord et le Sud de la zone Asie-Pacifique. Le Viet Nam fait aussi partie des pays du bassin du Pacifique, lieu qui rassemble plusieurs civilisations orientales comme occidentales, propice aux échanges culturels de l’humanité.  

2. Le Viet Nam possède des débouchés en Mer de Chine et l’Océan Pacifique, lieux de diversités biologiques importantes, avec de nombreux gisements d’hydrocarbure. Grâce à cela, le Viet Nam est un pays privilégié au niveau des ressources naturelles, avec notamment les mines de charbon, de manganèse, de fer, de plomb, et d’or disséminées aussi bien au Nord qu’au Sud. Et les réserves pétrolières et gazières sont relativement importantes au large du pays.  

3. Avec 82 millions d’habitants, le Viet Nam occupe la 13ème place mondiale, la 7ème place en Asie-Pacifique et la 2ème place en Asie du Sud-Est sur le plan démographique. En 2000, l’âge moyen des Vietnamiens est de 21,5 ans, ce qui le classe parmi les pays jeunes avec environ 52% de la population en dessous de 20 ans. Ceci est un avantage considérable pour son développement et sa mutation vers une économie du savoir. Car c’est la tendance mondiale actuelle plutôt que de suivre les modèles de développement du passé en se basant sur l’agriculture et l’industrie. Il y a quelques années, avoir une main-d’œuvre bon marché était un avantage pour attirer les investissements. Mais aujourd’hui, ce point n’est plus l’attrait principal, la matière grise et la haute technicité des ouvriers attire davantage les investisseurs.  

4. Les 3 millions de Vietnamiens expatriés après 1975 ont prouvé ces 25 dernières années qu’ils possèdent un fort potentiel de développement sur les plans commerciaux, financiers et intellectuels. Ils constituent également une ressource extrêmement précieuse pour la nation. Cette catégorie de la population ne se contente pas d’investir dans le pays, elle est aussi une locomotive pour tirer le Viet Nam vers l’intégration mondiale.  

Les désavantages du Viet Nam   

1. Le système politique vietnamien n’est pas seulement dictatorial mais c’est aussi un appareil moyenâgeux, dépassé et cruel. Cet appareil étatique n’est pas seulement l’unique frein pour un développement rapide du peuple et de la nation mais c’est aussi un facteur d’instabilités sociales. L’expérience a montré que le décollage réussi des autres pays en Asie du Sud-Est et du Nord-Est est dû à un système démocratique, lui-même issu des luttes populaires pour abolir les dictatures dans les années précédentes. Le Viet Nam suivra le même chemin à moins qu’il y ait un quelconque miracle.  

2. La capacité de mobilisation des fonds dans le pays est encore trop faible. Dans la plupart des pays de la région, les taux variaient de 29% à 44% du PIB au début de la période de décollage. Au Viet Nam, ce taux ne dépasse pas les 10%. Il y a deux raisons pour expliquer ce faible taux. La 1ère est la pauvreté de la population. Les gens ont à peine de quoi vivre au jour le jour, il n’y a donc pas ou peu d’excédent pour l’épargne et l’investissement. La 2ème raison est le manque de confiance des gens, d’abord envers les pouvoirs politiques suite aux multiples dévaluations monétaires dans le passé, mais également envers les milieux bancaires suite à plusieurs scandales financiers. Ces raisons n’incitent pas les Vietnamiens à détenir de l’épargne dans les banques.     

3. Le niveau d’instruction en général au Viet Nam est plus faible que celui de ses voisins durant deux décennies. Dans le même temps, les autorités de Ha Noi ayant peur d’une « transition pacifique » du système politique ont cherché par tous les moyens à contrôler et à bloquer toute source d’informations en provenance de l’extérieur du pays. Ces informations sont pourtant bien utiles pour élever le niveau d’instruction des Vietnamiens à l’intérieur du pays. Pis, les autorités n’investissent pas dans le secteur éducatif comme la construction des établissements, l’édition de nouveaux manuels scolaires alors qu’elles dépensent sans compter dans les moyens d’interception des communications privées de la population comme les écoutes téléphoniques.  

4. Les nombreuses années passées à poursuivre le « devoir du prolétaire international » et l’utopie de construire un état communiste fédéral en Indochine, ont appris aux autres pays de la région à se méfier des intentions hégémoniques du régime de Ha Noi. Et bien qu’il soit un état-membre de l’ASEAN, cela n’empêche pas le Viet Nam d’être mis à l’écart par les autres pays. Par ailleurs, l’adhésion des trois derniers pays que sont le Laos, le Cambodge et le Viet Nam est bien plus un geste politique qu’économique. En effet, le niveau de développement et d’ouverture de ces trois  pays est très en deçà des moyennes de l’ASEAN.  

Après avoir passé en revue les points forts et les points faibles du Viet Nam, nous devons remarquer que dans les 2 décennies à avenir, l’humanité va sans doute faire un bond en avant et l’économie mondiale basculera vers le savoir, la connaissance, l’information. L’économie de l’information qui s’est constituée sous l’impulsion de la globalisation et la régionalisation, a apporté des changements en profondeur comme la production qui augmente plus vite que la consommation, ou bien le commerce qui augmente plus vite que la production, ou encore la circulation monétaire qui augmente plus vite que le commerce mondial. Dans une économie de l’information, les cols blancs seront de plus en plus nombreux et représenteront la force productive. Selon un bilan de la Banque Mondiale en l’an 2000, l’économie de l’information représente 40% du PIB aux Etats-Unis, aux Japon et dans l’UE. Ce pourcentage se trouve encore au niveau des 25% à 30% à Singapour, en Corée du Sud, à Taiwan et en Thaïlande.  


D’un autre côté, dans cette économie du futur, la circulation et la gestion de l’information sera un point crucial. C’est pour cela que, ces dernières années, des sociétés sachant tirer profit d’Internet ont pu se développer rapidement et générer des milliards de profit en un temps record, bien plus que les sociétés industrielles traditionnelles. L’information est devenue une ressource importante. Chacun a le droit non seulement d’être informé mais aussi d’être connecté aux réseaux d’informations pour son usage personnel. De nos jours, beaucoup de pays ont des politiques de développement d’accès à l’information et c’est même devenu un axe de progrès pour la zone Asie-Pacifique. Selon le Livre Blanc sur l’économie en Asie en 2000 rédigé par le ministère du Plan japonais, le secteur de l’information (IT) en Asie va croître rapidement au 21ème siècle. C’est également le secteur moteur pour tirer la croissance dans les économies de la zone après la crise monétaire de 1997. Selon le Livre Blanc, la croissance rapide des technologies de l’information donnera aux pays les moins avancés une occasion de décoller et de rattraper les pays développés. Avec cette tendance, les autorités japonaises redoutent même de perdre leur suprématie technologique en Asie.  

Devant ces changements rapides du monde, avec la mutation de l’économie industrielle qui s’appuie sur les industries lourdes et les ressources naturelles vers une économie de l’information qui s’appuie sur la matière grise, le Viêt Nam sera certainement poussé à suivre cette tendance. Dans ce contexte, si le Viet Nam est actif et s’intègre dans le mouvement, il pourra conserver son autonomie et se développer. A l’inverse, s’il continue à bloquer la libre circulation de l’information et s’entête à poursuivre la voie de l’industrialisation coûte que coûte, il sera laissé sur le bas-côté par le reste du monde et perdra sa chance de prendre le train de l’économie de l’information, sachant que le fossé entre les pays avancés et les autres ne cesse de s’agrandir. Si le Viet Nam laisse passer cette opportunité,  il n’est pas dit que dans 50 ans, l’économie du pays sera à l’ère de l’information.  

Afin de briser cette sombre perspective, la condition siné qua non est que le Viet Nam doive réparer ses erreurs politiques, et construire un système pluraliste et démocratique. Ensuite, il s’agit d’entrer pleinement dans l’économie de l’information en investissant dans les secteurs clés de cette économie comme l’éducation, la formation, la science, la technologie, la culture et la société plutôt que de s’entêter dans les industries lourdes à forte consommation de main-d’œuvre. En d’autres termes, le Viet Nam doit investir davantage dans la matière grise que dans le matériel. Cela veut dire qu’il faut faire en sorte que l’intellect et l’esprit du peuple vietnamien s’ouvrent et s’épanouissent. A partir de là, le Viet Nam pourra se développer et avoir sa place dans la zone Asie-Pacifique. En quoi consisterait cette position ?  

Premièrement, le Viet Nam serait le lieu de rassemblement des flux de circulation culturels, économiques, et financiers entre le Nord-Est et le Sud-Est de l’Asie. Il peut assumer ce rôle grâce à sa situation géographique. De plus, comme il fait partie intégrante des pays bordant l’Océan Pacifique, le Viet Nam peut jouer un rôle dans le maintien de la stabilité régionale, notamment en Mer de Chine. De ce fait, le Viet Nam deviendra naturellement un interlocuteur respecté dans la région mais aussi dans le reste du monde.  

Deuxièmement, le Viet Nam sera un grand acteur dans la construction de l’économie de l’information en Asie-Pacifique dans les années à venir. Avec les compétences variées de la communauté d’outre-mer alliées à la jeunesse de sa population, le Viet Nam possède davantage les capacités de construire des zones de hautes concentrations technologiques à l’image des « Sillicon Valley » (Etats-Unis), Bangalore (Inde), Cyberjaya (Malaisie) en y implantant les entreprises informatiques, plutôt que l’établissement des industries lourdes comme certains pays l’ont fait dans le passé et qui nécessitent bien plus d’investissements.  

 

IV – Conclusion

En 2003, l’Organisation des Nations Unies a officiellement retiré le Viet Nam de la liste des pays les plus pauvres de la planète. Cependant, le Viet Nam reste un des plus pauvres de la région Asie-Pacifique, avec un PIB/habitant de 450 USD en 2003. Exprimé en parité de pouvoir d’achat afin de le comparer aux autres pays, le PIB/habitant atteint 2 300 USD, contre 4 700 USD en Chine Populaire, 7 000 USD en Thaïlande, 8 800 en Malaisie, 19 600 en Corée du Sud, et 25 300 USD à Singapour. Cette comparaison montre clairement que le Viet Nam a déjà pris trop de retard par rapport aux pays de la région. Mais il a l’avantage d’avoir une population jeune, studieuse et intelligente. L’expérience a été démontrée avec la réussite sur le plan économique et intellectuel de la communauté vietnamienne expatriée. En moins de 30 ans sur le sol étranger, les étudiants vietnamiens ont obtenu de brillants résultats dans les concours nationaux en mathématiques et physiques. Nous pouvons affirmer que les Vietnamiens ont la capacité de maîtriser les secteurs de la nouvelle économie, notamment les secteurs de l’information et de l’Internet. Le problème est que le Vietnamien a-t-il un environnement politique et social favorable pour s’épanouir ou non ? Répondre à cette question est le devoir de tous les Vietnamiens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, pourvu qu’ils ne soient pas indifférents à l’avenir de leur pays.

Lư Thái Hùng

 

 

   

Việt Nam Trong Tương Lai Á Châu Thái B́nh Dương

 

I- Dẫn Nhập:

 

Cách nay 100 năm, Bộ trưởng ngoại giao Mỹ, ông John Hay trong một bài phát biểu tại hội nghị hợp tác toàn cầu vào cuối thế kỷ 19 đă nói rằng: Địa Trung Hải là vùng biển của quá khứ. Đại Tây Dương là vùng biển của hiện tại. Thái B́nh Dương là vùng biển của tương lai. Quả đúng như lời tiên tri của Ngoại trưởng John Hay, trung tâm thương mại của thế giới đă khởi sự chuyển đổi vị trí từ Đại Trung Hải sang Đại Tây Dương mà trong thế kỷ 20, nhân loại đă chứng kiến sự hưng thịnh của các quốc gia Âu Châu. Ngày nay, trung tâm thương mại của Đại Tây Dương đang từ từ chuyển dịch sang Thái B́nh Dương, trong đó khu vực Á Châu Thái B́nh Dương đang trổi dậy với một nhịp độ chạy đua phát triển giữa các nước chưa từng có trước đây bao giờ.

 

Á Châu Thái B́nh Dương là nơi quy tụ 2 trong số 8 cường quốc hàng đầu của thế giới, là nơi xuất phát của 4 con Rồng (Đại Hàn, Đài Loan, Singapore, Hồng Kông) và những nước Tiểu long (Thái Lan, Mă Lai, Nam Dương, Phi Luật Tân) đang trong tiến tŕnh cất cánh. Sự phát triển của những quốc gia kể trên phần lớn khởi đầu từ sau Thế Chiến Thứ Hai, nên được coi là một phép lạ kinh tế. Phép lạ này, thực ra có thể giải thích từ ba yếu tố sơ đẳng của kinh tế học mà các nước nói trên đă ứng dụng một cách hiểu quả. Đó là lao động, vốn và khoa học kỹ thuật. Từ mô h́nh này, hàng loạt mô h́nh phát triển kinh tế của nhiều quốc gia đă được xây dựng theo các hướng chú trọng vào tích lũy vốn đầu tư, gia tăng sự tiết kiệm trong quần chúng; coi trọng học vấn và du nhập mạnh mẽ các nền khoa học kỹ thuật từ bên ngoài.

 

Ngoài ba yếu tố sơ đẳng nh́n theo kinh tế học, sự sáng suốt của chính quyền trong việc duy tŕ ổn định xă hội và hoạch định chính sách phát triển hợp lư cũng là yếu tố quan trọng của sự thành tựu kinh tế. Nó không chỉ cải thiện cuộc sống bên trong mà c̣n làm đảo lộn trật tự kinh tế thế giới với những thành quả kỳ diệu. Từ hoàn cảnh nghèo khổ thời hậu chiến tới cuối thế kỷ 20, Á Châu Thái B́nh Dương đă sản xuất ra một phần tư sản lượng toàn cầu và đến năm 2030 sẽ chiếm 50% tổng sản lượng thế giới. Dự trữ ngoại tệ của các quốc gia Nam Dương, Trung Quốc, Nam Hàn, Đài Loan, Thái Lan, Ấn Độ, Mă Lai, Hồng Kông, Tân Gia Ba không kể Nhật đă lên đến gần 500 tỷ Mỹ Kim, chiếm 40% số dự trữ của toàn thế giới. Á Châu Thái B́nh Dương không chỉ sản xuất nhiều hơn mà c̣n là thị trường tiêu thụ hàng hóa và thu hút đầu tư từ các nước khác đổ vào để kiếm lời. Dân số Á Châu hiện lên đến 3,96 tỷ người, chiếm gần 68,4% dân số thế giới (2000). Riêng dân số các nước và vùng lănh thổ nằm ở khu vực Á Châu Thái B́nh Dương là 2,5 tỷ nguời chiếm 43,8% dân số thế giới. Trong 10 nước trên thế giới có dân số trên 100 triệu người th́ đă có 6 nước nằm ở Á Châu. Khoảng 1/3 dân số này có mức sống khá giả và hơn 400 triệu người đă có mức sống và sở thích tiêu thụ không thua ǵ người Âu Châu.

 

Với lợi tức và sức tiêu thụ gia tăng như vậy, Á Châu Thái B́nh Dương nghiễm nhiêm trở thành đầu máy kinh tế lôi kéo sức sản xuất của các nền kinh tế khác, nhất là các nền kinh tế công nghiệp đă trưởng thành và nay chuyển sang nền kinh tế trí tuệ tại các quốc gia Tây phương. Trong toàn vùng, Đông Nam Á và Đông Bắc Á là hai khu vực phát triển mạnh nhất trong giai đoạn vừa qua. Theo dự báo của Ngân Hàng Thế Giới th́ nếu không bị những khủng hoảng nghiêm trọng th́ từ đây đến năm 2020, Á Châu Thái B́nh Dương sẽ có 7 quốc gia: Trung Quốc, Nhật Bản, Ấn Độ, Nam Dương, Nam Hàn, Thái Lan và Đài Loan sẽ là những nước đứng đầu trong danh sách 15 quốc gia có nền kinh tế lớn nhất thế giới. Đặc biệt là Ấn Độ và Trung Quốc sẽ là hai cường quốc hàng đầu của Á Châu trong ṿng 1 thập niên tới.

 

II- Những Vấn Đề Của Á Châu Thái B́nh Dương

 

Do những đặc điểm về địa lư, lịch sử và tŕnh độ phát triển kinh tế, xă hội, chính trị không đồng đều, khu vực Á Châu Thái B́nh Dương đă là nơi hội tụ các mâu thuẫn và đan xén những tranh chấp do ảnh hưởng của các nước lớn. V́ thế, Á Châu Thái B́nh Dương cũng đă bộc lộ nhiều vấn đề phức tạp trên phạm vi chiến lược lẫn chính sách. Trước hết, Á Châu Thái B́nh Dương hiện không có những cơ chế quốc tế có khả năng giải quyết những mâu thuẫn và bất ổn trong vùng như ở Âu Châu hay Bắc Mỹ. Chỉ riêng vụ xung đột lănh hải giữa Trung Quốc với một số quốc gia vùng biển Đông Hải đă kéo dài nhiều năm mà không có triển vọng giải quyết. Tổ chức APEC (Hợp Tác Kinh Tế Châu Á Thái B́nh Dương) chỉ có vai tṛ giới hạn trong ngoại thương và vẫn đang trong thời kỳ kết hợp phôi thai. Hiệp Hội Các Quốc Gia Đông Nam Á (ASEAN) chỉ là một cơ chế hợp tác để giúp nhau phát triển hơn là một liên minh chính trị cấp vùng. Giữa các nước trong khối ASEAN c̣n quá nhiều dị biệt về chế độ chính trị, xă hội, văn hóa và vẫn c̣n mang tính cạnh tranh lẫn nhau để giành lấy ưu thế trên thương trường.

 

Trong khi đó, do yếu tố lịch sử của nhiều năm bị Nhật khống chế làm thuộc địa, các quốc gia Nam Hàn, Trung Quốc và Đài Loan vẫn luôn luôn đặt khoảng cách trong các quan hệ với Nhật Bản. Trong bối cảnh đó, sự trổi dậy của Trung Quốc hiện nay không chỉ làm cho sự cạnh tranh trong vùng thêm gay gắt mà c̣n ảnh hưởng rất nhiều đến mặt an ninh chiến lược. Trung Quốc hiện gia tăng cạnh tranh với ASEAN về huy động vốn đầu tư và mậu dịch, cũng như gia tăng khá nhanh về ngân sách quốc pḥng, uy hiếp Đài Loan và tranh giành lănh hải với Việt Nam, Mă Lai, Phi Luật Tân. Đặc biệt , Bắc Hàn đă tỏ ra ḥa hoăn với Hoa Kỳ ngay sau khi lực lượng liên quân chiếm thủ đô Baghdad vào tháng 4 năm 2003 và đồng ư tham dự các cuộc thảo luận giữa sáu quốc gia gồm Hoa Kỳ, Trung Quốc, Nhật Bản, Nam Hàn, Bắc Hàn, Nga về vũ khí hạt nhân, đă mở ra sự đối thoại mới để giảm thiểu những căng thẳng tại Bán Đảo Triều Tiên, nhưng vẫn c̣n nhiều bất ổn trong tương lai.

 

Bên cạnh một số tiêu cực về mặt chiến lược, cuộc khủng hoảng tài chánh xảy ra hồi tháng 7 năm 1997 đă để lại nhiều bài học về mặt chính sách phát triển của các nước nói trên trong giai đoạn vừa qua.

 

Thứ nhất là các quốc gia trong khu vực Á Châu Thái B́nh Dương đă ít chú ư vào việc huy động nguồn vốn trong nước mà lại phụ thuộc khá nhiều vào nguồn vốn đầu tư và thị trường bên ngoài trong tiến tŕnh công nghiệp hóa. Về vốn đầu tư, trong giai đoạn từ cuối thập niên 60 đến đầu thập niên 90, do nguồn vốn dư thừa của thế giới, đặc biệt từ Nhật Bản, Hoa Kỳ và một số quốc Âu Châu đă ồ ạt đổ vào các nước Nam Hàn, Đài Loan, Thái Lan, Nam Dương, Singapore. Nhờ những nguồn vốn dồi dào từ bên ngoài, các nước nói trên đă thành công trong việc đẩy mạnh tốc độ tăng trưởng kinh tế . Nhưng từ giữa thập niên 90, do sự phát triển của ngành tin học, đă làm thay đổi cơ cấu kinh tế của những quốc gia hậu công nghiệp, cộng với xu thế Khu vực hóa, qua sự ra đời của EU, NAFTA khiến cho các nhà đầu tư của những quốc gia hậu công nghiệp như Hoa Kỳ, Nhật Bản, Đức. .. thấy rằng việc đầu tư vào một số ngành kinh tế ở nội địa có khả năng mang lại lợi nhuận nhiều hơn là tiếp tục bỏ vốn vào các nền kinh tế đang phát triển ở Á Châu Thái B́nh Dương. Khi nguồn vốn từ bên ngoài không đổ vào một cách ào ạt nữa, mà nguồn vốn trong nước lại không thể huy động nhanh, hầu hết các nước trong khu vực Á Châu Thái B́nh Dương rơi vào hoàn cảnh thiếu vốn và khủng hoảng.

 

Về thị trường tiêu thụ, các nước trong vùng Á Châu Thái B́nh Dương cũng đă đối diện những cạnh canh lẫn nhau một cách gay gắt. Với chính sách công nghiệp hóa hướng vào xuất cảng, nhũng nước mới bước vào tiến tŕnh công nghiệp hóa như Thái Lan, Nam Dương, Mă Lai... đă không thể cạnh tranh trong những ngành công nghiệp tập trung nhiều vốn hay có kỹ thuật cao như Nam Hàn, Nhật Bản; đồng thời cũng không thể cạnh tranh những nước đông dân như Ấn Độ, Trung Quốc trong một số ngành công nghiệp tập trung lao động. Trong khi cố gắng vươn lên từ những cạnh tranh gay gắt, sự tác động của xu thế Toàn cầu hóa và Khu vực hóa đă làm cho những nền kinh tế đang phát triển như Thái Lan, Nam Dương, Mă Lai lâm vào hoành cảnh lúng túng do những thay đổi của môi trường kinh tế thế giới. Ngoài ra, sự dồn quá nhiều vốn để chỉnh trang lănh thổ và xây dựng khách sạn tráng lệ nhằm thu hút khách du lịch qua những nguồn vốn vay mượn từ các định chế tài chánh quốc tế, đă làm cho nhũng quốc gia này bị hụt hẵng và tuột dốc khi các nguồn vốn vay mượn bị cắt hoặc bị đông lạnh.

 

Thứ hai là sự chi phối quá nhiều của chính quyền vào nền kinh tế tại hầu hết các quốc gia Á Châu Thái B́nh Dương đă tạo ra một hiện tượng cộng sinh giữa hai tầng cán bộ: trong cơ quan nhà nước và trong các xí nghiệp. Ở giai đoạn đầu, v́ đất nước quá nghèo và lạc hậu nên dễ khích động sự hăng say đóng góp của mọi giới cho quốc gia v́ lư tưởng dân tộc. Nhưng khi lợi nhuận của công ty lên cao và khi quyền lực của nhà nước tỏa rộng trong các chính sách phát triển của những ngành kinh tế th́ t́nh trạng tham nhũng, hối lộ đă phổ biến ở mọi cấp. Nhiều tài nguyên quốc gia và nhiều nguồn vốn vay mượn từ bên ngoài đă bị sử dụng bừa băi hoặc đổ dồn vào một số xí nghiệp mà những cán bộ nhà nước có cổ phần hoặc nằm trong ban quản bị. Đây là khiếm khuyết thấy rơ nhất nhân vụ khủng hoảng năm 1997 nhưng các quốc gia này vẫn chưa có biện pháp mạnh để giải quyết, mặc dù bị những áp lực cải tổ mạnh mẽ từ các định chế tài chánh quốc tế.

 

Ngoài ra, sau nhiều năm phát triển, một tầng lớp trung lưu của xă hội đă được h́nh thành ở các quốc gia vùng Á Châu Thái B́nh Dương có nếp sống không thua ǵ ở xă hội phương Tây. Tầng lớp trung lưu này, vừa có kiến năng, vừa có tài sản nhờ biết đầu tư hay mua bán cổ phiếu, vừa có những quan hệ quốc tế rộng răi, vừa thích ứng trong sự chuyển đổi ngành kinh tế công nghiệp sang ngành kinh tế tŕ tuệ hiện nay, nên đă trở thành một lực lượng chính trị tiêu biểu. Chính lực lượng này đă tác động lên một số thay đổi chính trị tại nhiều quốc gia giúp cho xă hội được dân chủ hơn, khai phóng hơn và nhất là xóa bỏ nhiều thập tập quán tiêu cực của một xă hội phong kiến trước đây. Tuy nhiên, nó cũng đă tạo ra ít nhiều bất ổn trong xă hội với những cuộc đ́nh công, biểu t́nh do sụ kích động của tầng lớp trung lưu để chống lại sự ngoan cố của giới chủ nhân hay của giới cầm quyền trước những khát vọng thay đổi của quần chúng.

 

Thứ ba là ngoại trừ Nhật Bản, Nam Hàn và Đài Loan, vấn đề nghiên cứu (R & D) để h́nh thành một nền công nghiệp đặc thù của ḿnh tại các quốc gia trong vùng Á Châu c̣n rất non yếu, thậm chí có một vài quốc gia chưa chú trọng. Phần lớn những ngành công nghiệp mà các quốc gia tại vùng Đông Nam Á phát triển không cần kỹ thuật cao, nặng tính lắp ráp bởi sức lao động do những nước hậu công nghiệp chuyển giao lại. Thậm chí có nhiều nước đă phải tiến hành những ngành sản xuất có nguy hại đến vấn đề ô nhiễm môi trường sinh thái mà một số quốc gia công nghiệp tiên tiến đă không c̣n muốn phát triển nữa.

 

Có thể nói là v́ dồn vào việc lập thành tích tăng trưỏng kinh tế, nhiều quốc gia trong vùng Á Châu Thái B́nh Dương đă quá chú trọng vào việc du nhập các ngành công nghiệp từ bên ngoài mà không biết gạn lọc tầm mức ảnh hưởng tốt xấu trong lâu dài. V́ thế mà tŕnh độ một số ngành công nghiệp tại nhiều quốc gia trong vùng Á Châu Thái B́nh Dương c̣n rất thấp so với nhiều nước tiên tiến. Tuy nhiên, nếu Á Châu Thái B́nh Dương nhanh chóng khắc phục và đẩy mạnh tiến tŕnh nghiên cúu th́ sẽ có một tương lai tươi sáng hơn.

 

Nói tóm lại, tuy công cuộc phát triển của một số quốc gia trong vùng Á Châu Thái B́nh Dương có những mặt tiêu cực, nhưng ít ra là các nước này đă tạo được một nền tảng phát triển vững vàng, nhất là đă giải quyết xong bài toán dân sinh trong một thời gian ngắn kỷ lục. Nhờ nền tảng này, người ta hy vọng là Á Châu Thái B́nh Dương sẽ là vùng đất mở ra những vận hội mới cho nhân loại trong hai thập niên đầu thế kỷ 21. Trong bối cảnh đó, Việt Nam sẽ đúng đâu và có khả năng ra sao để có thể tồn tại với hai xu thế Toàn cầu hóa và Khu vực hóa hiện nay?

 

III- Vị Thế Của Việt Nam Trong Á Châu Thái B́nh Dương:

 

Việt Nam nằm về phía Nam của những quốc gia công nghiệp tiên tiến như Nhật Bản, Nam Hàn, Đài Loan và đang phát triển như Trung Quốc. Việt Nam cũng nằm về phía Bắc của các quốc gia đang phát triển mạnh mẽ tại Đông Nam Á. Không những thế, Việt Nam c̣n chạy dài theo bờ biển phía Đông, trông ra biển Thái B́nh Dương, cửa ngỏ giao lưu quan trọng giữa hai vùng biển Đông Bắc và Đông Nam của Á Châu Thái B́nh Dương. V́ thế mà sự luân lưu của các nguồn đầu tư và sự du nhập các ngành khoa học kỹ thuật từ bên ngoài của các quốc gia này, có khả năng tác động ít nhiều lên t́nh h́nh kinh tế và xă hội tại Việt Nam.

 

Việt Nam c̣n nằm ngay sát phía Nam của Trung Quốc, một nước lớn luôn luôn mang tham vọng bành trướng xuống phía Nam, nên đă trở thành nơi hứng chịu nhiều thảm kịch của lịch sử mỗi khi trật tự trong vùng thay đổi. Chính v́ địa lư chính trị như vậy, Việt Nam luôn luôn đối diện với sự cḥng chéo giữa triển vọng và rủi ro phát sinh từ những biến động nói trên. Chỉ cần nh́n vào cục diện từ thập niên 40 trở đi cùng với những thay đổi các trật tự tại Á Châu sau Thế Chiến Thứ Hai, chúng ta thấy rẳng Việt Nam bị trở thành nơi diễn ra những thanh toán mâu thuẫn của các thế lực, trong khi những nước khác trong vùng đều đă phát triển trước ta một vài thập niên.

 

Năm 1975, Việt Nam đă có nhiều triển vọng để vươn lên trong một trật tự mới của Á Châu sau khi chiến tranh Việt Nam kết thúc. Thế nhưng, những sai lầm chính trị của đảng Cộng sản Việt Nam sau năm 1975 đă khiến nước ta húng chịu một lần nữa những thảm kịch phát sinh từ những xung đột quyền lực giữa Liên Xô - Trung Quốc, trên địa bàn Đông Dương. Chính ông Nông Đức Mạnh bài diễn văn đọc trong buổi lễ kỷ niệm 75 năm thành lập đảng Cộng sản Việt Nam, đă thú nhận sự sai lầm của giới lănh đạo về đường lối và chủ trương trong thập niên đầu sau khi chiếm Miền Nam. Do đó mà trong 30 năm qua, nền kinh tế của các quốc gia trong vùng Đông Á và Đông Nam Á đă tăng trưởng vượt bực, Việt Nam lại bị thế giới cấm vận kinh tế và phong tỏa ngoại giao trong gần 2 thập niên, hậu quả của giấc mộng xây dựng liên bang Đông Dương của đảng Cộng sản Việt Nam. Từ năm 1995, đảng Cộng sản Việt Nam mở mắt đưa Việt Nam bước vào thời kỳ hội nhập. Hai chính sách đổi mới và mở cửa, tuy có mang lại một số thay đổi bề nổi tại Việt Nam, nhưng chỉ ở bước khởi đầu. Nghĩa là tuy Việt Nam đă lập quan hệ với 180 quốc gia và khu vực, gia nhập làm thành viên khối ASEAN, APEC, kư hiệp định khung hợp tác với Liên hiệp Âu Châu và thiết lập bang giao với Hoa Kỳ; nhưng Việt Nam vẫn chưa được thế giới coi là một đối tác quan trọng. Để t́m hiểu nguyên do này cũng như nh́n về triển vọng tương lai của Việt Nam ra sao chúng ta cần lượng duyệt những lợi điểm và thế yếu của Việt Nam hiện nay ra sao:

 

Những điểm mạnh của Việt Nam:

 

1. Việt Nam được coi là trục giao lưu quan trọng của biển Đông, nơi quy tụ nhiều tuyến đường hàng hải lẫn hàng không, nối liền giữa hai vùng Đông Nam và Đông Bắc Á. Việt Nam c̣n nằm trong vùng ḷng chảo của Thái B́nh Dương, nơi hợp lưu của các nền văn minh cổ, kim Đông Tây nên dễ đón nhận nhiều sắc thái mới lạ của nhân loại.

 

2. Việt Nam nằm ngay trong biển Đông và Thái B́nh Dương nơi có hàng ngàn loại cá, nhiều dầu thô, khí đốt cũng như nhiều loại khoáng sản kéo dài hàng ngàn cây số bên dưới thềm lục địa lẫn trong đất liền. Nhờ thế, Việt Nam được ưu đăi về hải sản, có một số quặng mỏ như Than đá, Măng gan, Thiết, Ch́, Vàng nằm rải rác ở miền Bắc và miền Trung Việt Nam, đặc biệt có một số trữ lượng đáng kể về dầu thô cũng như khí đốt ở ngoài khơi Việt Nam.

 

3. Việt Nam đứng hàng thứ 13 về dân số trên thế giới với 82 triệu người, là nước đông dân đứng hàng thứ hai tại Đông Nam Á và đứng hàng thứ bảy trong vùng Á Châu Thái B́nh Dương. Tuổi trung b́nh của Việt Nam hiện nay là 21,5 tuổi (2000) được coi là quốc gia có dân số trẻ trung, trong đó có khoảng 52% dưới 20 tuổi. Đây là một lợi thế rất lớn cho Việt Nam để đẩy nhanh đà tiến bộ bằng sự chuyển hướng vào nền kinh tế trí tuệ, một xu thế mới của nhân loại hiện nay, hơn là cứ loay hoay rập khuôn theo mô h́nh phát triển nông nghiệp chế biến hay công nghiệp nặng mà nhiều nước khác đă đi qua. Vài năm trước đây, lao động rẻ là một lợi điểm để thu hút đầu tư, nhưng ngày nay, lao động rẻ không c̣n là sức thu hút mà là trí tuệ, kỹ thuật cao của công nhân.

 

4. Với một tiềm lực mạnh mẽ được xây dựng trong 25 năm qua trên ba mặt thương mại, tài chánh, chất xám của non ba triệu người Việt di tản ra hải ngoại sau năm 1975 là một tài nguyên vô cùng quư báu của quốc gia. Lực lượng này không chỉ góp phần mạnh mẽ cho đầu tư phát triển và đối ngoại của Việt Nam mà c̣n là đầu máy kéo đất nước bước nhanh vào tiến tŕnh hội nhập quốc tế.

 

Những điểm yếu của Việt Nam:

 

1. Hệ thống chính trị của Việt Nam hiện không chỉ độc tài độc đảng mà c̣n là bộ máy cực kỳ phong kiến, lạc hậu và gian ác. Bộ máy này là tŕ lực duy nhất không chỉ ngăn cản mọi sức vươn lên của đại khối dân tộc và đất nước mà c̣n là nguyên nhân tạo ra những bất ổn xă hội. Kinh nghiệm cho thấy là sự phát triển của các quốc gia tại Đông Nam Á và Đông Bắc Á, hầu hết là nhờ vào sự lèo lái của hệ thống chính trị dân chủ, thoát thai từ các biến động chính trị dẹp bỏ độc tải của quần chúng trong những năm trước đó. Việt Nam cũng sẽ không đi ra ngoài biệt lệ nói trên ngoại trù có phép lạ nào khác.

 

2. Khả năng tích lũy vốn ở trong nước c̣n quá yếu kém. Đa số các quốc gia trong vùng đều đạt từ 29% đến 44% so với GDP trong thời kỳ bắt đầu các kế hoạch công nghiệp hóa, trong khi Việt Nam không đạt tới mức 10% so với GDP. Có hai nguyên do để giải thích việc này. Một là dân ta quá nghèo, chạy ăn hàng ngày c̣n không có th́ tiền lấy đâu mà tiết kiệm đầu tư. Hai là sự không tin tưởng của người dân đối với chính quyền qua những chính sách đổi tiền trong quá khứ hoặc một số vụ bê bối ngân hàng bị phanh phui trước đây đă khiến người dân không muốn để dành tiền trong ngân hàng mà lại tự cất dấu lấy.

 

3. Tŕnh độ giáo dục của Việt Nam nói chung thua xa các nước trong vùng cỡ hai thập niên. Trong khi đó, chính quyền Hà Nội lo sợ diễn biến ḥa b́nh nên đă t́m cách ngăn chận, kiểm soát mọi luồng thông tin và những giao lưu nhiều chiều giữa trong và ngoài Việt Nam. Không những thế, chính quyền Hà Nội không bỏ thêm tiền để gia tăng ngân sách giáo dục, xây dựng thêm trường ốc, trong khi lại tốn hàng chục triệu thiết lập hệ thống máy nghe lén hoặc kiểm soát các cuộc điện đàm của dân chúng.

 

4. Do nhiều năm theo đuổi chính sách ’thi hành nghĩa vụ vô sản quốc tế’ với việc xây dựng giấc mộng Liên bang Đông Dương làm bàn đạp bành trướng thế lực xuống phía Nam của đảng Cộng sản Việt Nam, Việt Nam tuy là một thành viên của khối ASEAN, nhưng vẫn bị các nước trong vùng đối xử e dè, thiếu thân thiện. Mặc dù cả ba quốc gia Lào, Cam Bốt và Việt Nam trở thành thành viên của ASEAN nhưng đây chỉ là sự kết hợp mang màu sắc chính trị nhiều hơn là kinh tế, mậu dịch v́ tŕnh độ trao đổi của ba quốc gia này c̣n quá thấp.

 

Sau khi lược duyệt những điểm mạnh và yếu của Việt Nam, chúng ta phải nhận thức thêm rằng, trong ṿng hai thập niên tới đây, nhân loại sẽ tiến rất nhanh vào nền kinh tế trí tuệ chủ yếu dựa vào kiến năng và thông tin. Nền kinh tế trí tuệ h́nh thành trong đ́ều kiện kinh tế thế giới bị tác động mạnh mẽ hai xu thế Toàn cầu hóa và Khu vực hóa, đă tạo ra một số biến chuyển dễ nh́n thấy như tốc độ về sản xuất tăng nhanh hơn tốc độ tăng truỏng về thu nhập, hay tốc độ về gia tăng thương mại mậu dịch tăng nhanh hơn tốc độ sản xuất, và tốc độ lưu lượng tiền tệ tăng nhanh hơn tốc độ gia tăng thương mại. Nhưng điểm đáng nói là trong nền kinh tế trí tuệ, công nhân áo trắng sẽ gia tăng rất nhanh và trở thành một lực lượng chủ yếu sản xuất ra tài sản xă hội. Theo thống kê sơ khởi của Ngân Hàng Thế Giới (WB) vào năm 2000 th́ nền kinh tế trí tuệ đă chiếm 40% đến 47% GDP tại Hoa Kỳ, Nhật và Tây Âu; trong khi chiếm từ 25% đến 30% GDP tại Singapore, Nam Hàn, Đài Loan, Thái Lan.

 

Mặt khác, trong nền kinh tế trí tuệ, ngoài khả năng sáng tạo của trí óc, vấn đề thông tin giữ một vị trí then chốt. V́ thế mà chỉ trong vài năm qua, các công ty ứng dụng mạng lưới thông tin toàn cầu đă phát triển ào ạt và mang đến những tài sản hàng chục tỷ Mỹ kim trong một thời gian kỷ lục, vượt xa các ngành sản xuất công nghiệp. Thông tin hiện trở thành một tài nguyên quan trọng. Mọi người không chỉ có nhu cầu được thông tin mà c̣n được nối vào các liên mạng để t́m những thông tin cần thiết cho ḿnh. Hiện nay các nước đều có chính sách đẩy mạnh phát triẻn kỹ thuật thông tin liên mạng và trở thành xu thế phát triển mới của Á Châu Thái B́nh Dương. Theo tập Bạch Thư Kinh Tế Á Châu 2000, do Bộ Kế Hoạch Kinh Tế Nhật Bản phổ biến đă định lượng rằng chiều hướng phát triển ngành Kỹ Thuật Thông Tin (IT) tại Á Châu trong thế kỷ 21 sẽ gia tăng một cách nhanh chóng, đồng thời nó sẽ là ngành kinh tế mũi nhọn kéo lại sự phục hồi nền kinh tế vốn bị đ́nh đọng bởi cuộc khủng hoảng tài chánh - tiền tệ từ năm 1997. Theo tập Bạch Thư th́ nhờ kỹ thuật thông tin phát triển ở tốc độ cao, giúp cho những quốc gia chậm phát triển có thể vươn lên và vượt qua mặt các nước tiên tiến và giàu có bằng khả năng. Với đà này, chính quyền Nhật cũng bày tỏ sự lo sợ là có thể vị trí số một của Nhật có thể bị thay thế.

 

Đứng trước những thay đổi nhanh chóng của thế giới cùng với sự chuyển đổi từ nền sản xuất công nghiệp, dựa vào máy móc và tài nguyên thiên nhiên sang nền kinh tế trí tuệ, dựa vào thông tin và trí tuệ, Việt Nam chắc chắn sẽ bị cuốn hút vào khuynh hướng của thời đại này. Trong hoàn cảnh đó, nếu Việt Nam có khả năng chủ động ḥa nhập th́ mới giữ được sự tự chủ để đi lên, c̣n nếu tiêp tục ngăn chặn thông tin và đ́ theo tiến tŕnh công nghiệp hóa mà các quốc gia khác đă đi trước đây, Việt Nam sẽ bị thế giới bỏ lại đàng sau và khó có cơ hội theo kịpkhoảng cách trí tuệ đang rất lớn và ngày càng dăn ra giữa các nước đang phát triển. Nếu bỏ lỡ cơ hội ḥa nhập vào trào lưu chung của thế giới ngày nay, nửa thế kỷ sau chưa chắc Việt Nam đă có thể chuyển đổi sang nền kinh tế trí tuệ.

 

Để phá vỡ hiện trạng tiêu cực hiện nay, điều kiện tiên quyết là Việt Nam phải nhanh chóng tháo gỡ những sai lầm chính trị, tạo dựng một bối cảnh sinh hoạt chính trị dân chủ. Kế đến là đi thẳng vào các ngành kinh tế trí tuệ bằng cách đầu tư nhiều và nhanh vào giáo dục - đào tạo; khoa học - kỹ thuật; văn hóa - xă hội; hơn là bỏ vốn quá nhiều vào các ngành công nghiệp nặng hay công nghiệp chế biến tập trung sức lao động. Nói cách khác, Việt Nam cần đầu tư vào tinh thần nhiều hơn là vật chất. Nghĩa là làm sao cho trí tuệ và tư duy của dân tộc được mở mang và phát triển, từ đó Việt Nam mới có thể tiến lên một thế đứng mới trong vùng Á Châu Thái B́nh Dương. Thế đứng đó sẽ là:

 

Thứ nhất, Việt Nam sẽ là nơi hội tụ của những luồng giao lưu kinh tế, văn hóa, tài chánh của khu vực Đông Bắc và Đông Nam Á. Việt Nam có khả năng để nhận lấy vị thế này v́ ưu điểm của vị trí địa dư, đó là nằm trong vùng ḷng chảo hợp lưu của Thái B́nh Dương. Nhờ vị trí ḷng chảo này, Việt Nam cũng sẽ góp một phần quan trọng trong việc ǵn giữ an ninh khu vực, nhất là an ninh trên biển Đông. Khi trở thành nơi lỳ vọng của các nước láng giềng. Như vậy, Việt Nam nghiễm nhiên trở thành một đối tác quan trọng không chỉ đối với các nước trong vùng mà trên cả thế giới.

 

Thứ hai, Việt Nam sẽ là nơi đóng góp rất nhiều vào nỗ lực xây dựng nền tảng kinh tế trí tuệ cho khu vực Á Châu Thái B́nh Dương trongthời gian tới. Với kiến năng đa dạng của giới trẻ hải ngoại và với sự trẻ trung của dân số hiện nay ở trong nưóc, Việt Nam có khả năng xây dựng thành những khu thung lũng điện tử giống như khu Silicon Valley (California), Bangalore (Ấn Độ), Tân Trúc (Đài Loan), Cyberjaya (Mă Lai) và các ngành kỹ thuật thông tin trên mạng lưới internetl; hơn là cứ loay hoay rập khuôn theo những mô h́nh phát triẻn nông nghiệp chế biến hay công nghiệp nặng mà các nước khác đă đi qua, đ̣i hỏi đầu tư lâu dài.

 

 

IV- Kết Luận:

 

Năm 2003, Liên Hiệp Quốc đă chính thức lấy tên Việt Nam ra khỏi danh sách của những quốc gia nghèo nàn nhất thế giới. Tuy nhiên, Việt Nam hiện vẫn là quốc gia nghèo nhất trong khối các nước thuộc Á Châu Thái B́nh Dương, với lợi túc b́nh quân đầu người là 450 Mỹ Kim vào năm 2003. Măi lực b́nh quân đầu người Việt Nam là 2,300 Mỹ Kim trong năm 2002, so với con số của Trung Quốc là 4,700 Mỹ Kim, Thái Lan là 7,000 Mỹ Kim; Mă Lai là 8,800 Mỹ Kim, Nam Hàn là 19,600 Mỹ Kim và Singapore là 25,300 Mỹ Kim. Rơ ràng là Việt Nam đă đứng khá xa đối với các nước trong vùng. Nhưng Việt Nam có ưu điểm là tuổi trung b́nh của người dân c̣n trẻ với 22,6 tuổi (thống kê 2003) và là một dân tộc hiếu học, thông minh. Thực tế đă chứng minh qua sức vươn lên của khối người Việt tại hải ngoại về các mặt kinh tế, tài chánh và chất xám trong ṿng 30 năm vừa qua và những thành quả ưu tú trong các kỳ thi quốc tế về Toán, Vật Lư của học sinh Việt Nam, chúng ta có thể khẳng định rằng người Việt Nam có dư khả năng để nắm bắt và làm chủ rất nhanh các ngành kinh tế trí tuệ và những ngành ứng dụng kỹ thuật internet. Vấn đề là người Việt Nam có bối cảnh chính trị - xă hội thuận lợi để tiến hành hay không? Trả lời câu hỏi này là nhiệm vụ của toàn thể mọi người Việt Nam ở trong cũng như ngoài nước đang ưu tư về tương lai Việt Nam.

 

 

EDA, Lâm Thanh Liêm et Jean Maïs, février 2004