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VIET NAM infos numéro 48 - juillet-août 2008
Le décès du vénérable Thich Huyên Quang : une grande émotion, un lourd héritage.
Le décès du vénérable Thich Huyên Quang, quatrième patriarche de l’Eglise bouddhique unifiée, survenu le 5 juillet dernier au monastère de Nguyên
Thiêu, dans la province de Binh Dinh, a provoqué une grande émotion parmi ceux qui sont attachés à la démocratisation du Viêt-Nam. Le vénérable était l’âme, le symbole de la résistance bouddhiste vietnamienne après la victoire communiste en 1975.
Comme un grand nombre de jeunes idéalistes de sa génération, Thich Huyên Quang avait en 1945 mis son espoir dans le mouvement international communiste, considéré comme libérateur des peuples opprimés. Mais, ayant constaté le vrai visage du communisme, il avait élevé sa voix et s’était fait emprisonner durant quatre ans en 1951. En 1963, il participa aux manifestations contre la politique religieuse du Président Ngô Dinh
Diêm. Lors de la naissance en 1964 de l’Eglise bouddhique unifiée, Thich Huyên Quang en était un des principaux rouages.
La chute du Sud Viêt-Nam en avril 1975 coïncida avec la répression des religions la plus dure, la plus systématique. Douze religieuses et religieux s’immolèrent collectivement par le feu le 2 novembre 1975 au temple Duoc Su à Cân
Tho.
La protestation s’étant amplifiée, en 1977 Thich Huyên
Quang, comme beaucoup d’autres dirigeants bouddhistes, fut mis en prison durant 18 mois. En 1981, le pouvoir créa l’Eglise bouddhique du Viêt-Nam pour contrer l’Eglise bouddhique unifiée mise hors la loi.
En avril 1992, après le décès du vénérable Thich Dôn Hâu à
Huê, Thich Huyên Quang fut désigné par testament à la tête de l’Eglise bouddhique unifiée. Depuis cette date, incarnant au nom de la liberté religieuse la flamme de la résistance contre la dictature, Thich Huyên Quang élevait régulièrement des protestations contre le régime.
Depuis ses premiers pas dans le bouddhisme, dès l’âge de 12 ans, jusqu’à la fin de sa vie, à l’âge de 87 ans, le vénérable Thich Huyên Quang s’était comporté comme un homme de grande droiture, à la conscience inébranlable. La tentative faite pour le récupérer « post-mortem », sous la forme de funérailles organisées éventuellement par l’Eglise bouddhique officielle, (exactement comme ce qui s’était passé en 1992 avec Thich Dôn
Hâu), a toutefois échoué. En dépit des interdictions et menaces, 6000 moines et fidèles sont venus assister à ses obsèques le 11 juillet.
Malgré les multiples épreuves qui attendent l’Eglise bouddhique unifiée du Viêt-Nam, ses membres ont fait la promesse solennelle, à travers la voix du vénérable Thich Quang
Dô, le numéro deux de l’Eglise, de suivre le chemin sans concession tracé par le 4e patriarche, le bien aimé et respecté Thich Huyên
Quang.
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