|
Archives - Thèmes et humeurs
VIET NAM infos numéro 42 - juillet 2007
Législatives 2007 et valeurs asiatiques
Pour les dirigeants vietnamiens, les élections françaises ressemblent bien à un jeu de hasard. D’abord, un écart de quelques centaines de voix suffit à faire démissionner un Ministre d’Etat ; on nous bassine ensuite, entre les deux tours des législatives, que la diversité à l’Assemblée est un signe de démocratie ; et puis dans certaines circonscriptions, cent et quelques voix peuvent envoyer un homme (ou une femme), au paradis et l’autre, son concurrent, le banni, en enfer.
Devant le psychodrame permanent de la vie politique française, le Viêt-Nam est un modèle de stabilité politique et de démocratie. On peut rêver :
Au Viêt-Nam, le taux de participation des élections législatives du 20 mai dernier est de 99,64%. A
Huê, « terre de résistance du Père Nguyên Van Ly», ce taux est de 99,9%, et dans certains arrondissements de Ho Chi Minh-Ville (les 7, 10 et 11), l’absolu a été atteint (100%). La lutte au sommet est cependant restée jusqu’au bout incertaine : Nguyên Tân
Dung, Premier ministre, a raflé la médaille d’or avec 99,1%, Nông Duc
Manh, Secrétaire général du PCV, la médaille d’argent avec 91,2%, et Nguyên Minh
Triêt, Président de l’Etat, a dû se contenter de la médaille de bronze avec 89,7%.
Il est heureux que le ridicule puisse encore tuer. A force de bâillonner le Père
Ly, de mettre tous les principaux opposants en prison, à force de vouloir démontrer que la campagne de boycottage des élections est pour ses élections législatives du 20 mai dernier un échec à 100%, le régime s’emmêle les pédales, et démontre, une fois de plus, qu’il est incapable de suivre la marche du temps, qu’il ne perçoit pas ce qu’il faut voir et ne fait pas ce qu’il doit faire. Comment les dirigeants d’un pays de 84 millions d’habitants, un pays avec tant de promesses, puissent croire, en début du 21e siècle, que les « capitalistes » n’ont pas d’âme ?
George W. Bush, enlisé en Irak, trouve dans les Droits de l’Homme une sortie de secours. Son discours pour les Droits de l’Homme lors de son arrivée à Prague (avant le Sommet du G8) fait date. Le Président américain reçoit le 29 mai 2007 à la Maison Blanche pendant 45 minutes quatre dirigeants des mouvements d’opposition vietnamiens. Il inaugure dans la foulée, à Washington, un monument érigé à la mémoire des victimes du communisme. Et tout cela juste avant la visite du Président vietnamien Nguyên Minh
Triêt.
Le choix des autorités vietnamiennes de réduire au silence les opposants juste avant la comédie des législatives du 20 mai est une erreur monumentale. Heureusement pour les opposants qui en ont encore froid dans le dos. Imaginons : Si Nguyên Minh Triêt était venu à Washington sans la vague des répressions, il aurait été reçu comme un vrai chef d’Etat légitime, avec les honneurs qui lui sont dus, (George W. Bush a reçu très simplement Nguyên Minh Triêt dans son bureau ovale comme il a reçu un mois auparavant les quatre représentants des mouvements d’opposition) et dans le comté d’Orange (Orange
County), il aurait semé quelques doutes dans l’esprit de ses opposants. Au fait, de quoi a-t-on peur à Ha Nôi ?
A cause de la rigidité aveugle des dictateurs de Ha Nôi, de leur mépris envers l’Occident (sur les conseils appuyés de Pékin, probablement), le mouvement démocratique vietnamien renaît de ses cendres. Inespéré, tout à fait !
économie/
politique
OMC
ASEAN
Brèves
Paysans :
un premier succès
Le
Parti pour le Progrès du Viêt-Nam
Ly
Tông victime de la diplomatie thaïlandaise
dossier
Le
Bloc 8406
Le
rapport de
la Commission
des droits de l’homme du Parti conservateur de
la Grande-Bretagne
Actualité
Le
Vénérable Thich Quang Dô, lauréat du prix
Rafto
Réactions
du pouvoir communiste face au mouvement démocratique
Soutenez
AFVE.
|
|
Bui
Xuan Quang
|