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VIET NAM infos numéro 27 - 15 novembre 2004
La leçon du communisme
Le XVe anniversaire de la «révolution de velours» du 17 novembre 1989, qui a mis fin à 41 années de dictature communiste en Tchécoslovaquie, est l’occasion de réfléchir sur la morale et le libre arbitre. Nous vivons aujourd’hui dans une société démocratique, mais nombreux sont ceux en République tchèque et ailleurs, qui ne pensent toujours pas être maîtres de leur destin.
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Quand nous rêvions d’un avenir démocratique, nous – les dissidents – avions sans aucun doute des illusions, des vues utopiques. Nous nous en rendons bien compte aujourd’hui. Toutefois, nous n’avions pas tort de soutenir que le communisme n’était pas simplement une impasse du rationalisme occidental. Ce régime avait développé la bureaucratisation, la manipulation anonyme et le conformisme de masse « à la perfection ». Or certaines de ces menaces nous concernent encore aujourd’hui.
Nous avions déjà la certitude à l’époque qu’un système dépourvu de valeurs, et réduit à une compétition entre partis politiques munis de solutions « garanties » pour tous, ne serait pas conforme à l’esprit démocratique. C’est pourquoi nous insistions tant sur la dimension morale de la politique et sur le dynamisme de la société civile, pour faire équilibre aux partis politiques et aux institutions.
Nous rêvions aussi d’un ordre international plus juste. La fin du monde bipolaire représentait une occasion formidable de rendre le
monde plus humain. Au lieu de cela, nous assistons à une mondialisation
qui échappe à tout contrôle politique et fait des ravages économiques et écologiques dans de nombreuses régions du monde.
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En tant qu’ Européens, il nous incombe de jouer un rôle particulier. La civilisation industrielle, étendue aujourd’hui au monde entier, est née en Europe. On peut expliquer tous ses miracles et toutes ses terrifiantes contradictions comme les conséquences d’un système de valeurs d’origine européenne. L’unification de l’Europe devrait donc servir d’exemple au reste du monde pour faire face aux dangers et aux horreurs qui nous submergent aujourd’hui. L’Europe, en tenant ce rôle – étroitement lié au succès de son intégration – assumerait pleinement ses responsabilités mondiales, au lieu d’accuser les Etats-Unis de tous les maux du monde contemporain »
Vaclav Havel
(extraits de « Ce que le communisme peut encore nous apprendre » par Vaclav Havel, ancien Président de la République tchèque, paru dans Le Figaro mardi 16 novembre 2004, Copyright : Project Syndicate)
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