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Il ne nous revient pas d'ajouter notre voix au concert
de louanges ou de critiques à un président d'une démocratie
occidentale. Il ne nous importe pas non plus de porter notre
curiosité à un tract abandonné sur la chaussée de notre rue
après le passage d’une manifestation :"contre une
guerre qui pue le dollars, le pétrole et l'arrogance".
Nous avons assez souffert de nos erreurs, dans un passé qui
refuse de s'éloigner malgré les années. Erreur d'ignorance et
de naïveté. A Paris, ceux qui ont vécu Mai 68 ont vécu aussi
la guerre du Viêt-Nam, de très loin. Mais les souvenirs ne
sont pas tous vivaces,
évidemment.
Evidemment, quand nous ne sommes pas nous-mêmes
victimes.
Il nous appartient cependant de vous parler d'une femme
très simple et très âgée dont le mari, Trân Dung Tiên, 77
ans, vient d'être jeté en prison quelque part au Nord
Viêt-Nam. Elle crie son inquiétude, elle est sans nouvelles de
son homme depuis le 22 janvier et ne sait toujours pas où il
est enfermé. Tous les responsables de prisons qu'elle a
visitées lui répondent que son nom leur est inconnu.
Leurs enfants et elle ont toujours demandé à leur
père et mari de ne
pas "faire de la politique". Il leur a répondu
qu'il ne faisait pas "de la politique". Il portait
seulement son aide au Parti dans la lutte contre la corruption,
contre l'injustice, contre le mensonge.
Elle supplie les dirigeants de son pays de lui dire de
quel crime son mari a été accusé et l’endroit où il est
emprisonné afin qu’elle puisse lui rendre visite et le
soigner.
Selon elle, son mari, déjà vieux, n'a pas "un
niveau politique élevé" et a juste l'habitude de dire ce
qu'il pense, il ne peut nullement mettre en danger le Parti, la
nation. Elle pense que son emprisonnement lui servira amplement
de leçon et elle-même et leurs enfants vont contribuer à lui
faire comprendre le choix d'une vie sans histoires.
Cette femme s’appelle Duong Kim Hop. Elle habite au
numéro 12, impasse 95, rue Cu Lôc, ilôt Thuong Dinh,
arrondissement Thanh Xuân, Hà Nôi.
Bui Xuan Quang
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