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VIET NAM infos numéro 27 - 15 novembre 2004
Le Viêt-Nam, épouvantail
des grands groupes français
Ceux qui y sont déjà ne cessent
d'en vanter les potentialités, mais ceux qui n'y sont pas encore hésitent
à se lancer : le marché vietnamien continue de susciter des réactions
très contrastées de la part des grandes entreprises françaises.
Car si en données cumulées depuis 1988, la France est le septième
investisseur étranger au Viet-Nam et le premier européen avec un total
de 2,1 milliards de dollars (environ 1,7 md d'euros), la situation récente
est moins brillante."On se cache derrière une réalité historique
flatteuse. Mais on est à environ 5 millions de dollars par an
actuellement. C'est misérable, c'est un effroyable gâchis", estime
Doan Viet Dai Tu, président du groupe de conseil et d'investissement
Openasia.
En 1994, lorsque l'embargo américain sur le Viet-Nam a été levé,
beaucoup d'entreprises ont été tentées par ce marché de 80 millions
d'habitants. Partis à la recherche d'un nouveau dragon asiatique, les
investisseurs ont pourtant trouvé une machine compliquée, une corruption
importante, une culture des affaires qu'ils ne comprenaient pas. Trois ans
plus tard, la crise asiatique a fini de doucher les enthousiasmes.
Beaucoup ont jeté l'éponge.
L'histoire de l'investissement français au Viet-Nam comporte ainsi
quelques pages noires, notamment le mythique départ de Total, après deux
projets d'investissements abandonnés dont l'un sur la première
raffinerie du pays, aujourd'hui encore dans les cartons. TotalFinaElf est
depuis revenu pour distribuer du GPL. Mais son exemple fait office d'épouvantail.
"D'autres grands ont subi des échecs importants au Viet-Nam et ils
s'en souviennent encore", note Nicolas Audier, du cabinet d'avocat
Gide Loyrette Nouel. "Les temps ont changé et certains réussissent,
mais c'est une image qui colle à la peau du pays".
Aujourd'hui, mis à part France Telecom, EDF, le Groupe Bourbon (GB) et
quelques autres, les grands groupes français sont absents du pays.
"Dire que la France n'est pas à sa place relève du nationalisme mal
placé. Les grands groupes sont absents parce qu'il est compliqué
d'investir ici", tempère un analyste sous couvert de l'anonymat.
Ceux qui aujourd'hui réussissent au Viet-Nam l'affirment avec détermination:
il est essentiel de s'inscrire dans la durée dans un pays au pouvoir
opaque, dont les décisions sont imprévisibles. "Quel que soit le
secteur, il faut faire du relationnel. Et les grosses entreprises ne
peuvent attendre trois ans avant même de commencer les opérations",
estime un homme d'affaires. "Mais ceux qui sont là depuis longtemps
gagnent de l'argent".
Selon l’analyste Doan Viet Dai Tu, le plus dur est fait et l'ouverture
du pays finira par multiplier les opportunités. "Les réformes
doivent s'accélérer. Et comme pour la Chine, l'entrée du Viet-Nam dans
l'Organisation mondiale du commerce (OMC) va changer beaucoup de
choses", assure t il. (Didier Lauras – AFP 4/10/2004)
Accord UE - Viêt-Nam Le
Viet-Nam a franchi le 9 octobre une étape essentielle de son entrée dans
l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en concluant contre toute
attente ses négociations avec l'Union européenne en marge du sommet Asie
Europe à Ha-Nôï.
L'accord signé avec son plus grand partenaire commercial permet au pays
communiste, qui a entamé en 1986 sa transition vers l'économie de marché,
de croire fermement en son intégration dans l'organisation avant la fin
2005.
Ha Nôi est loué pour sa croissance, autour de 7% depuis plusieurs années,
mais reste aussi très critiqué pour la lenteur de ses réformes. Le pays
a été par ailleurs ralenti ces dernières années par la crise asiatique
de 1997, une corruption galopante et des querelles idéologiques au sommet
du pouvoir.
Un candidat à l'entrée dans l'OMC doit signer un accord avec chacun des
membres qui le demande, et mener à bien un certain nombre de réformes
pour se mettre en conformité avec les règles commerciales
internationales. Les 25 membres de l'UE représentent plus de 17% du
commerce extérieur vietnamien. Les échanges dans les deux sens ont
atteint les 6,4 milliards d'euros l'an passé, selon les statistiques
européennes.
L'entrée dans l'OMC constituerait un bouleversement économique majeur
pour le Viet-Nam et un pas symbolique colossal.(Ben Rowse- AFP 9/10/2004) Jacques
Chirac encourage le Viêt-Nam à poursuivre ses réformes démocratiques
« La France est (aussi) présente au Viet-Nam pour faire valoir avec lui
des convictions et une vision du monde partagées : la nécessité d’une
mondialisation plus humaine et plus solidaire ; la volonté de faire émerger
un monde plus équilibré, plus conscient des défis qui se posent à lui,
plus soucieux d’une meilleure répartition des richesses.
Sur toutes ces questions, nos positions sont très proches et nous
entretenons un dialogue fructueux et confiant. C’est cette confiance qui
nous permet d’encourager le Viet-Nam à poursuivre ses nécessaires réformes
démocratiques et à renforcer la protection des droits de l’homme », a
déclaré Jacques Chirac dans son allocution à Ha Nôi le 7 octobre 2004.
Brèves
Le groupe français de matériaux de construction Lafarge va
construire une station de broyage de ciment dans le sud du Viet-Nam pour
environ 30 millions de dollars. Cette usine, dont la construction va débuter
ce mois ci dans la province de Dong Nai, à 20 km au sud est d'Ho Chi
Minh-Ville, aura une capacité de production de 500.000 tonnes par an.
Elle sera réalisée par DonaFrance, une joint venture détenue à 70% par
Lafarge et à 30% par une société locale.
La Chine et l'Association des nations d'Asie du Sud Est (Asean)
vont signer en novembre un accord de libre échange pour réduire les
droits de douane à partir de 2005 et les supprimer complètement en 2010,
a rapporté mardi le ministère chinois du Commerce.
Un tel accord créera la plus grande zone de libre échange du monde en
terme de population, regroupant environ 1,7 milliard d'habitants.
Le commerce entre la Chine et les pays d'Asie du Sud Est, qui a augmenté
de 42,8% l'an dernier pour atteindre 78,25 milliards de dollars, est
favorable à ces derniers, qui craignent toutefois le poids économique
croissant de leur énorme voisin de 1,3 milliard d'habitants.
Les importations chinoises en provenance de l'Asean se sont élevées en
2003 à 47,3 milliards de dollars US (+51,7% par rapport à 2002) et les
exportations à 31,9 milliards (+31,1%).
Le Produit intérieur brut combiné de la Chine et des dix pays de l'ASEAN
(Singapour, Malaisie, Bruneï, Indonésie, Philippines, Viet-Nam, Laos,
Cambodge, Thaïlande, Birmanie) atteint près de 2.000 milliards de
dollars (AFP)
Le lancement en orbite du premier satellite de télécommunication du
Viet-Nam, que Ha-Nôï espérait lancer d'ici fin 2005, sera retardé
à la suite d'importants problèmes de coordination de fréquences, a
indiqué vendredi la presse officielle vietnamienne.
"Les négociations (...) pour une coordination des fréquences en vue
d'éviter les brouillages des émissions n'ont pas encore abouti",
affirme le quotidien Tuoi Tre.
"En l'absence d'un accord sur ces questions, le choix d'un partenaire
pour le projet de Vinasat est dans l'impasse", ajoute-t-il.
Les autorités vietnamiennes ont refusé de s'exprimer. "Ce projet
est toujours à l'étude, nous n'avons rien à dire actuellement", a
indiqué un haut responsable de Vinasat sous couvert de l'anonymat.
Le budget pour le satellite dépasse les 200 millions de dollars
Le fils du vice ministre du Commerce vietnamien a été arrêté le 30
septembre à Hanoï dans le cadre d'une vaste enquête sur un réseau
de corruption lié à l'attribution des quotas d'exportation de textile, a
indiqué la presse vietnamienne.
Le journal internet VN Express a indiqué que Mai Thanh Hai, un des
fonctionnaires du ministère, par ailleurs fils du vice ministre Mai Van
Dau, avait été interpellé à son domicile de la capitale dans l'après
midi.
Il y a deux semaines, le directeur adjoint du département Import Export
du ministère ainsi qu'un expert avaient déjà été arrêtés, dans un
dossier qui a mis au jour la vente frauduleuse de quotas d'exportations de
textiles sur le marché américain.
Le scandale s'ajoute à une liste interminable d'affaires touchant le
pouvoir plus ou moins directement, du ministère de l'Agriculture à
l'entreprise publique de télécoms VNPT, en passant par le géant public
du pétrole, PetroVietnam.
Le régime de Ha-Nôï affirme aujourd'hui n'accorder aucun répit aux
fonctionnaires et hommes politiques jugés coupables de corruption.
Une sévérité jugée indispensable tant la légitimité du parti souffre
de scandales à répétition, mais qui n'empêche pas de nombreuses
sources de souligner combien les enquêtes sont politiquement sélectives
et épargnées aux plus puissants.
Vietel, la société de l'armée vietnamienne spécialisée dans
les télécommunications, lancera vendredi son réseau de téléphonie
mobile dans le pays, devenant le cinquième acteur d'un marché en pleine
expansion.
"Avec un abonnement mensuel de 69.000 dongs (3,6 euros), nous serons
l'opérateur le moins cher du Viet-Nam", a insisté un responsable du
groupe militaire sous couvert de l'anonymat.
Le Cambodge est devenu officiellement le 12 octobre, le 148ème
pays membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ainsi que le 32ème
parmi les "pays les moins avancés" à faire son entrée dans
l'organisation multilatérale.
Vingt cinq Etats frappent actuellement à la porte de l'OMC: l'Algérie,
la Russie, l'Arabie Saoudite, le Belarus, l'Ukraine, le Soudan, l'Ouzbékistan,
le Vietnam, les Seychelles, Tonga, le Kazakhstan, l'Azerbaidjan,
l'Andorre, le Laos, Samoa, le Liban, la Bosnie Herzégovine, le Bhoutan,
le Cap Vert, le Yémen, la Serbie et Monténégro, les Bahamas, le
Tadjikistan, l'Ethiopie et la Libye.
L'inflation au Vietnam a passé la barre symbolique des 10% en
septembre en glissement annuel.
Actualités Un documentaire sur la religion protestante au Viet-Nam a été diffusé par la télévision anglaise Channel 1 ce 16 octobre. Le reportage long de 30 minutes a été conduit par la journaliste Sandra Jordan.
Au cours de son reportage très documenté, Sandra Jordan a pu
interviewer de nombreux responsables vietnamiens parmi lesquels : le comité gouvernemental des religions, Mme Ton Nu Thi Ninh, vice-présidente du comité des relations extérieures de l'assemblée
nationale vietnamienne. Selon elle, les activités religieuses au Viet-Nam ne font pas l'objet de répressions, y compris celles qui n'ont pas encore reçu l'autorisation des autorités.
La journaliste Sandra Jordon rapporte qu'elle a pu rencontrer
clandestinement des responsables religieux non reconnus par les
autorités. Mais, elle a pu
également constater que dès que son reportage s'orientait vers le
thème des religions, ses relations avec les autorités vietnamiennes se
sont brusquement refroidies et nombre de ses demandes se sont
vues par la suite refusées
Human Rights Watch accuse le Viet-Nam de répressions religieuses.
Ce 22 octobre, Human Rights Watch a accusé le gouvernement
vietnamien d'avoir détruit le 22 septembre un lieu de culte à Kontum dans lequel officiait le prête protestant M. Nguyen Cong Chinh
appartenant à la confession de Mennonite. Ces actes de destruction démontrent la volonté de plus en plus dure des autorités vietnamiennes de paralyser les activités religieuses.
Selon Human Rights Watch, les libertés religieuses au Viet-Nam n'ont jamais existé que sur le papier. En réalité, les autorités n'ont jamais
toléré les activités de confessions religieuses qui ne soient pas directement placées sous leur contrôle.
Le tribunal populaire de Ho Chi Minh-Ville a condamné, le 12 novembre, le pasteur de l’Eglise Mennonite Nguyên Hong Quang à trois ans de prison pour avoir "incité la population à s'opposer aux responsables dans l'exercice de leurs fonctions". Les autorités de Ha-Noi avaient expliqué que le pasteur avait été arrêté pour "ses activités contre les responsables locaux, pas pour des motifs religieux".
D’autres membres de l’Eglise Mennonite ont été condamnés à un emprisonnement ferme : Pham Ngoc Thach, 2 ans, M. Nguyên Van Phuong et Mlle Lê Thi Hông Liên, 1 an, MM Nguyên Thanh Nhân et Nguyên Hiêu Nghia, 9 mois.
Rappelons que Ha-Nôi ne reconnaît que quelques Eglises « officielles » et interdit toutes les Eglises dites indépendantes.
Au mois de septembre, le Département d’Etat américain a désigné le Viêt-Nam comme un des pays où la religion est la plus persécutée.
JOURNEE MONDIALE DES DROITS DE L'HOMME
Le 10 décembre, c'est l'anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme
La journée mondiale des droits de l'homme a été instaurée en souvenir de l'adoption par 48 voix et 8 abstentions de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme par l'Assemblée Générale des Nations Unies. Cela se passait le 10 décembre 1948, au palais de Chaillot à Paris... Ce texte, proposé par l'ONU en partie en réaction aux atrocités commises lors de la seconde guerre mondiale, établit de façon universelle les droits inaliénables constitutifs de la dignité humaine. Cette Déclaration est devenue aujourd'hui un texte de référence.
A l’occasion de la journée mondiale des Droits de l’Homme, l’Association France-Viet-Nam d’Entraide (AFVE), avec la participation de plusieurs associations, organisera une journée pour les Droits de l’Homme au Viêt-Nam, le dimanche 12 décembre 2004, à l’Eglise Saint Hippolyte, 27 avenue de Choisy, 75013 Paris, dans la Grande salle 27, de 15h00 à 18h00.
Les interventions seront faites en vietnamien, avec un témoignage écrit de M. Nguyên Thanh Giang, intellectuel actuellement sous les feux de l’oppression du régime communiste.
Soutenez l’Association France-Viet-Nam d’Entraide (AFVE)
L’AFVE a pour but de venir en aide à ceux qui sont opprimés au Viêt-Nam à cause de leur engagement pour la liberté de pensée et d’expression, et à leur famille.
Membres fondateurs :
Bui Tin / Bui Xuân Quang / Nguyên Quoc Nam / Nguyên Thi Thanh Vân / Nguyên Van Trân / Tôn That Long / Trinh Long Hai / Vo Nhân Tri / Vu Quoc Thuc.
Président : Bui Xuân Quang
Secrétaire générale : Nguyên Thi Thanh Vân ;
Trésorier : Trinh Long Hai
Contrôle de gestion : Vu Ngoc Bôi / Nguyên Ngoc Liêm
AFVE 240 rue de Tolbiac 75013 Paris
tél 01 45 89 58 32 /
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