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Archives - culture/société VIET NAM infos numéro 2 - 15 septembre 2000 10.693
PRISONNIERS ONT ETE LIBERES à l'occasion de la fête du 2
septembre. 61 citoyens étrangers ont bénéficié de cette amnistie. Mme
Trân Thi Câm, mère de Mme Nguyên Thi Hiêp, canadienne de 44 ans, exécutée
en avril pour trafic de drogue, a été libérée " pour raison de
santé " (Elle avait été arrêtée en 1996 avec sa fille, puis
condamnée à perpétuité pour complicité). Rappelons que l'exécution
de Mme Nguyên Thi Hiêp a été à l'origine de sanctions diplomatiques
graves de la part du gouvernement canadien à l'encontre du Viêt-Nam (cf.
" le dossier " Viêt-Nam infos n.1). Les
dirigeants communistes affirment toujours que les prisonniers d'opinion
n'existent pas au Viêt-Nam. Selon le gouvernement, " sont seulement
en prison ceux qui violent la loi ". Un rapport récent du département
d'Etat américain sur les droits de l'Homme estime à 200 les prisonniers
de conscience. DEPUIS
AVRIL, LE PLUS GRAND CHANTIER DU VIET-NAM
connaît de graves difficultés. Les conditions de travail et de vie y
sont dramatiques, les ouvriers sont mal nourris (au menu quotidien : riz,
légumes et cacahuètes grillées) ;
les liaisons avec les villes sont rares ; nombreux cas de
paludisme. Les malades sont peu ou mal soignés par manque de moyens dans
les provinces des régions montagneuses du Centre, près de la frontière
du Laos. La
décision de mettre en oeuvre ce projet est une grave erreur qui illustre
encore une fois l'attitude peu réaliste du gouvernement vietnamien préférant
tirer gloire du passé, quel qu'en soit le prix humain, plutôt que de
s'occuper des problèmes du présent. La piste Ho Chi Minh, longue de
1.690 km avait été utilisée dans la guerre contre le Sud pour
transporter hommes et matériel de guerre. Elle est un symbole fort dans
la victoire des communistes, mais selon de nombreux spécialistes,
utiliser cette piste pour en faire une autoroute de prestige (projet de
1997) ou une route nationale de grande envergure (projet en cours de réalisation)
est une absurdité. Il reste toujours la possibilité au gouvernement
d'accuser les Américains d'avoir inondé cette piste de produits
toxiques, il y a trente ans, pour expliquer le drame des ouvriers, en
laissant de côté la responsabilité des décideurs et des experts de ce
projet. MME
NGUYEN THI THUONG, DIRECTRICE ADJOINTE DU CENTRE DU MARIAGE ET DE LA
FAMILLE
de Ho Chi Minh-ville a annoncé le chiffre de 300.000 avortements par an.
Le chiffre réel devrait être nettement supérieur au chiffre officiel
car un grand nombre de " spécialistes de l'avortement "
travaillent en dehors de tout contrôle. Le chiffre réel risque de placer
le Viêt-Nam parmi les pays où le nombre d'avortements est le plus élevé
au monde. PLUS
DE 50% DES ALIMENTS VENDUS DANS LES RUES SONT IMPROPRES A LA CONSOMMATION
selon la rue le journal Tuôi Tre. Ces intoxications ont été provoquées
essentiellement par la
consommation des produits alimentaires contenant des produits toxiques. "
LA LOI VIETNAMIENNE ASSURE LA LIBERTE DE CROYANCE ET DE NON-CROYANCE
de tous les citoyens et il n'y a pas de répression ou d'entrave des
activités au Viêt-Nam " affirme le porte-parole du Ministère des
Affaires étrangères pour réfuter les accusations des Etats-Unis dans un
rapport annuel sur les libertés religieuses au Viêt-Nam. .
Duong Thu Huongécrivain Interview du 4 juillet 2000 (Radio Free Asia) - Extraits Radio
Free Asia : Selon vous, pourquoi tant d'écrivains qui ont grandi
sous le socialisme montrent-ils maintenant un tel mépris contre toutes
les valeurs en décrivant la vie quotidienne ? Duong
Thu Huong : A mon avis, les gens s'expriment de différentes façons,
mais quand ils vivent dans un même environnement, ils ont une mentalité
commune. L'intensité et l'angle de départ des manifestations de cette
mentalité commune dépendent du caractère et du talent de chaque
individu. Ces voix amères sont le
reflet de ce qu'on peut exprimer pour survivre en protégeant sa sécurité.
Actuellement, la plupart des auteurs écrivent de cette façon - avec une
tristesse désolante ou bien, avec une extrême crudité. Ils mettent la
vie à nu et l'exposent ainsi sans commentaires. Leurs sentiments
personnels restent définitivement enfouis. Ils le font ainsi à la fois
pour avoir la sécurité qui leur permet de durer et pour se libérer
d'une contrainte qui les étouffe. RFA
:
Vous avez souvent émis l'observation que votre génération était armée
jusqu'aux dents avec des idéaux. Que pensez-vous de la génération
actuelle ? Duong
Thu Huong : C'est plutôt triste de constater que la génération
d'aujourd'hui fait tout pour gagner plus de " tickets ", c'est
à dire plus de billets de 100 dollars. Ils ne reculent devant rien. Ils
critiquent le Parti un jour et l'acclament le jour suivant pour le même
motif. En règle générale, dans ce système, pour que quelqu'un soit
nommé à un poste de gestion ou qu'il cherche par lui-même à accéder
à un poste lucratif, il faut tout d'abord qu'il soit membre du Parti.
Ainsi des gens, dans la
cinquantaine, lèvent encore leur main pour jurer : " J'aime beaucoup
le Parti ". La vérité est que, bien qu'ils méprisent le Parti, ils
le rejoignent quand même pour obtenir un poste élevé et bénéficier
des avantages qui y sont rattachés. Ils peuvent lever leur main pour prêter
solennellement le serment d'allégeance au Parti et immédiatement après,
dans un café, ils n'hésitent pas à dire à haute voix que ce n'étaient
que des mensonges pour avoir des avantages. Quant à la génération plus
jeune, les plus honnêtes ne pensent qu' à apprendre des langues étrangères
pour travailler dans des sociétés étrangères. C'est leur plus grand idéal.
Ceux qui sont moins honnêtes, les enfants des fonctionnaires de haut
rang, ouvrent leurs propres sociétés pour transformer le pouvoir
politique de leurs parents en espèces sonnantes et trébuchantes et eux-mêmes
en petits et grands patrons. Les gens modestes essaient aussi d'envoyer
leurs enfants à l'école dans l'espoir de décrocher un emploi dans le
futur qui peut leur rapporter quelques " tickets ". En conséquence,
les gens de ma génération sont considérés comme des fous. Ceux de la génération
actuelle veulent vivre seulement pour le présent. Ils mangent, dorment,
dansent etc. dans le but de rechercher d'abord et surtout le
plaisir. Ceci est devenu la règle générale, avec très peu
d'exceptions, dans notre société d'aujourd'hui. RFA
:
Cette vue de la jeunesse actuelle au Viêt-Nam ne serait-elle pas trop
pessimiste ? Duong
Thu Huong : Je suis à la fois pessimiste et optimiste parce que
je crois au principe du pendule. Il se balance d'un extrême à l'autre.
Des générations extrêmement idéalistes comme la mienne à celles extrêmement
pragmatiques d'aujourd'hui. Dans l'oscillation actuelle, les gens
renoncent à toutes les valeurs spirituelles pour se vautrer dans la
satisfaction physique. Au risque d'être trop optimiste et utopique, je
crois cependant qu'après un certain temps, les gens se lasseront de ces
plaisirs matériels pour tomber dans une impasse psychologique et de désespoir
au milieu de leurs propres excès. Les gens ont toujours ce conflit
interne et c'est le prix que nous tous devons payer. Il faudra
probablement une ou deux générations avant que nous ne puissions
retrouver l'équilibre. Et ensuite, beaucoup de jeunes gens, qui ne savent
pas où ils se trouvent aujourd'hui, découvriront de nouveaux idéaux,
parce qu'au fond de chaque être humain, il y a toujours un noyau de bonté.
(…) RFA:
Que pensez-vous du récent voyage du secrétaire général Lê Kha Phiêu
en France? Duong
Thu Huong : Quelqu'un m'a dit qu'il était allé en France, mais
je ne sais pas comment et quand quel but, de telles choses ne me
concernent pas. RFA
:
Vous vous étiez beaucoup donnée au Parti, et plus tard vous vous en
êtes détachée. Avez-vous trouvé votre propre chemin aujourd'hui ? Duong
Thu Huong : Le chemin que j'ai choisi aujour'hui est de lutter
pour une société démocratique. Je n'ai pas la qualité d'un leader
politique. Je ne
peux pas former un parti ou me battre dans une arène politique car je ne
sais pas comment le faire. Mais je me battrai par ma plume pour convaincre
les autres que l'homme a besoin de la démocratie et de la conscience de
ses droits. C'est comme cela que la vie mérite d'être vécue. |
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