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Edito
Nouvelle donne en Asie
On attend depuis quelques temps une ligne plus claire de la
politique américaine en extrême Asie. C’est fait. Barack Obama
et Hillary Clinton, l’un à Canberra ("Abritant la plupart des
puissances nucléaires du monde et près de la moitié de
l'humanité, cette région déterminera pour une large part si le
siècle à venir sera marqué par le conflit ou la coopération, les
souffrances inutiles ou les progrès de l'humanité" a déclaré le
président américain) l’autre par sa visite historique à
Naypyidaw – aux dirigeants, et à Rangoun – à la principale
opposante Aung San Suu Kyi, ont défini sans détours
diplomatiques la position des Etats-Unis devant l’hégémonie
chinoise dans cette partie du monde.
Nous ne savons certainement pas ce qui est à l’origine de la
décision du gouvernement birman d’abandonner le projet
catastrophique pour l’environnement, financé par les Chinois, de
la construction du barrage Myitsone sur le fleuve Irrawaddy.
Pression populaire ? Intervention discrète des Etats-Unis ?
Prise de conscience soudaine des dirigeants du danger chinois ?
On peut rester prudent devant le changement de cap du nouveau
président birman Thein Sein, mais deux faits plaident en sa
faveur. La décision d’abandonner un projet déjà signé avec la
Chine pour protéger l’environnement et les ressources naturelles
du pays est un acte doublement significatif, pour l’appel du
peuple et contre l’allié et protecteur chinois. Mais chose
encore plus importante, le paysage de la vie politique birmane
est en train de changer, à la surprise générale: Le prix Nobel
de la Paix, Mme Aung San Suu Kyi accepte de faire participer La
Ligue Nationale pour la Démocratie (LND, son parti) aux
prochaines élections législatives partielles. L’opposition
parlementaire birmane a donc pesé, malgré tout, dans la décision
gouvernementale. La LND n’a pas voulu être en marge de
l’évolution démocratique du pays.
Cette réconciliation nationale annoncée, si elle aboutit,
sortirait la Birmanie de son isolement, la rendra plus forte
pour assumer la présidence, dans deux ans, de l’ASEAN.
Le Vietnam tente de se placer dans ce contexte nouveau. Pour
plaire aux Etats-Unis, Nguyễn Tấn Dũng cite pour la première
fois la République du Vietnam lors d’une séance questions au
gouvernement à l’Assemblée à propos de son affirmation de la
souveraineté du Vietnam sur les îles Paracels et Spatleys (Hoàng
Sa et Trường Sa). Mais cette ouverture diplomatique reste
hésitante. La libération de l’avocat Lê Công Dinh pour son
expulsion vers les Etats-Unis a été annoncée mais on est resté
sans nouvelles.
Et surtout, les acteurs des manifestations pacifiques des mois
de juin, juillet, août de cette année connaissent une répression
rétroactive brutale. Mme Bùi Hằng a été arrêtée et amenée sans
procès dans un camp de « restauration de la dignité » (réservé
habituellement aux « prostitués et drogués ») pour un séjour de
deux ans.
Il n’est pas trop déraisonnable de se poser cette question : Le
Vietnam est-il libre vis-à-vis de la Chine au même niveau que la
Birmanie ? N’y-a-t–il pas une reprise en main par Pékin de Hanoï
?
Pour Bùi Hằng
http://www.eyedrd.org/2011/12/vietnam-reopens-re-education-camps-for-patriots-and-activists-ms-bui-hang-is-a-new-student.html
Bùi Xuân Quang
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